(SOP) Il n'y a pas que les humains ou les animaux qui
ont une vie sociale. Dans le jardin, certaines plantes peuvent aussi
s'avérer utiles l'une pour l'autre, comme l'ail et les roses,
par exemple, ou l'aneth odorant et les choux de Bruxelles. On ne devrait
pas s'en surprendre du reste. Depuis que le monde est monde, les plantes
ont évolué ensemble.
Déjà dans l'Egypte ancienne, des érudits
évoquaient certaines associations bénéfiques
entre diverses plantes. Certaines plantes par exemple éloignent
les insectes, ou offrent une ombre protectrice pour d'autres plus
fragiles. Elles peuvent aussi se supporter mutuellement pour mieux
résister aux vents. À l'instar des vampires, beaucoup
d'insectes fuient l'ail. Il semble que l'odeur pénétrante
de l'ail dérègle leur système olfactif. Par sa
taille, le maïs peut protéger la laitue en la gardant
un peu plus au frais à l'ombre.
Pour sa part, l'aneth odorant plantée entre deux
rangées de choux de Bruxelles peut s'accrocher à ceux-ci
pour pousser vers le soleil. En retour, les petites fleurs jaunes
de la plante attirent de minuscules guêpes à la recherche
de vers du chou pour y injecter leurs oeufs. « Depuis que
les gens font des jardins, ils savent que certaines plantes profitent
mieux en compagnonnage avec d'autres plantes », affirme
Sally Jean Cunningham, auteur d'un livre sur la question.
Dans son livre, elle vante les vertus insecticides de
certaines plantes qui permettent d'avoir un jardin potager sans aucun
apport d'insecticides artificiels. Mais elle va plus loin que les
exemples les plus connus de compagnonnage. « On a besoin
d'un système au complet, dit-elle, si l'on veut un jardin organique.
On ne peut pas arriver avec un truc facile, comme un prédateur
naturel ou un compagnonnage fortuit. Et même là, il faut
être patient. »
Mme Cunningham propose donc de regrouper les légumes
en familles lors de la plantation. En familles botaniques, par exemple,
parce que leurs besoins culturels sont semblables, ou en familles
qui nécessitent les mêmes engrais, ou qui se soutiennent
entre elles contre les vents secs. Mais tout le monde n'est pas d'accord.
Pour certains experts, grouper les plantes en familles les expose
aux mêmes insectes et aux mêmes maladies. Mieux vaux les
cultiver séparément.
Mais la véritable clé du succès selon
Mme Cunningham, c'est la rotation des cultures, que ce soit sur de
vastes étendues ou dans un tout petit jardin. « C'est
plus facile de cultiver les plantes en famille dans un même
endroit estime-t-elle, quitte à changer de place de saison
en saison pour éviter que les pathogènes spécifiques
demeurent dans le sol d'une année à l'autre. »
C'est plus facile aussi pour les engrais. Par exemple,
les pommes de terre et les tomates vont bien ensemble, puisqu'elles
préfèrent les mêmes types de sol et d'engrais,
alors que les légumes verts comme les salades préfèrent
un sol plus pauvre en nutriments. « En les regroupant,
vous pouvez amender le sol en conséquence pour que chaque groupe
profite au maximum de la belle saison. Certes ce n'est pas un système
parfait, mais ça donne de meilleurs résultats en ce
qui me concerne », affirme-t-elle.
L'EXTRA Habitation est
une présentation du journal L'EXTRA de
Laval