Les planchers minéraux : une saine beauté
Par : Nathalie Nolin,
Magazine La
Maison du 21e siècle
En plus dêtre esthétiques, les planchers
minéraux, tels la céramique, les pierres naturelles
et le béton poli, offrent plusieurs avantages inégalés
du point de vue écologique et de leurs effets sur la santé.
Des avantages importants quand on sait que la moquette
(tapis mur à mur), par exemple, est lennemie des personnes
allergiques et asthmatiques car elle capte et émet des polluants
fibreux et chimiques, en plus de favoriser la prolifération
bactérienne et fongique en retenant la poussière et
lhumidité. À linstart des « prélarts
» de vinyle, la moquette est tout sauf écologique :
fabriquée à base de produits pétroliers (nylon
ou polypropylène) et enduite de colle ainsi que de teinture
chimique, elle est rarement recyclée en fin de vie. Les planchers
flottants, quant à eux, sont fait à partir de particules
de bois liées par une résine durée formaldéhyde
aux vapeurs soupçonnées cancérogènes
et irritant les voies respiratoires. La Société canadienne
dhypothèques et de logement (SCHL) en déconseille
dailleurs linstallation dans les chambres à coucher.
Elle recommande plutôt les planchers durs, tel le bois et
les diverses matières minérales dont il faut connaître
les avantages et les désavantages.
Les pierres naturelles
Le marbre, le granit et lardoise sont des matériaux
bruts qui font de superbes revêtements de planchers. « Lorsquun
filon de marbre ou de granite est trouvé, on lexploite
comme une carrière, ce qui engendre le va-et-vient de gros
camions émettant des gaz déchappement de diesel,
soulevant la poussière et générant du bruit,
souligne la designer montréalaise Sandra Micaelo, de Signatures Design.
Par contre, la transformation et lutilisation de ces minéraux
sont peu polluantes, ils sont durables et, à la fin de leur
cycle de vie, ils pourront facilement être recyclés
ou enfouis sans polluer. »
Ces minéraux viennent surtout dEurope et
en particulier dItalie, quoi que le fournisseur montréalais
Les importations Ciot en importe aussi dAsie, de Russie, dAfrique
et dAmérique du Sud. « Plusieurs pays nont
pas la machinerie pour tailler le marbre, le granite ou lardoise
en blocs. Ils envoient donc les morceaux bruts par bateau en Italie
où la pierre est coupée puis exportée »,
précise M. Francesco Carbonaro, assistant directeur chez
Ciot. Dans son entrepôt, lentreprise taille, dans des
plaques denviron 3 mètres par 2 mètres, des
pièces de formes uniques qui sont ensuite poncées
et polies. On y confectionne aussi des mosaïques de trois sortes
de pierres et de céramique. Cet agencement peut représenter
un panier de fruits, un vase de fleurs, un tigre ou un thème
choisi par le décorateur. La conception artisanale des mosaïques
fait évidemment grimper le prix de ces oeuvres personnalisées.
Fait à noter, alors que la plupart des marbres sont importés,
on trouve des gisements de granit au Québec. « Les
gens associent le granit à une apparence mouchetée
(picotée), mais on trouve maintenant du granit veiné,
semblable au marbre », assure M. Carbonaro.
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| Mosaïque de pâte de verre Bizazza. |
Côté santé, ces pierres sont totalement
inertes. Selon le guide Matériaux de construction pour les
logements des personnes hypersensibles, de la SCHL, les assemblages
de pierres naturelles sont tolérés par la plupart
des gens : « Une combinaison de dalles ou dardoise,
de mortier peu toxique et de coulis bien durci peut être tout
à fait acceptable », précise le rapport.
En fait, ce sont les bouche-pores, les coulis, les produits scellants,
les mortiers, les colles et les ciresappliqués sur les dalles
qui peuvent être incommodants, voire toxiques. De même,
la poussière, les émanations et les substances volatiles
dégagées lors de la pose et du séchage de ces
produits sont susceptibles dincommoder les individus hypersen-sibles.
Les prix
Les pierres naturelles sont plus dispendieuses que les
autres types de couvreplanchers. Par contre, elles sont plus durables
et plus écologiques. De plus, ils sont très « tendance »,
facteur important car linvestissement ajoute de la valeur
à lhabitation. « Le prix varie en fonction
de la disponibilité de la pierre et du taux de change du
pays dorigine. Un marbre dItalie, le Bianco Carrara
se vend 9,50 $ le pied carré, alors quune autre
variété plus rare peut se vendre 150 $/pi.2 »,
donne comme exemple M. Carbonaro en soulignant quil existe
des centaines de variétés.
Il existe même des dérivés du marbre :
le travertin, marbre plus poreux, aux trous remplis de coulis),
terrazzo (agrégats de marbre et de ciment ; la limestone,
pierre à chaux ou pierre « douce »;
la riverstone, de pierres de rivière taillées et polies
pouvant être enrobées de polymère teint ou transparent ;
et le marbre baratté, usé volontairement avec du sable
pour le dépolir et lui donner un aspect plus rustique. Le
fini glacé du marbre classique étant moins à
la mode, ces dérivés gagnent en popularité,
dautant plus quils sont souvent moins chers. Le marbre
baratté, par exemple, coûte entre 15 $ et 20 $
le pied carré, pose exclue. À titre comparatif, un
couvre-plancher de linoléum ou de bois dur pré-verni
peut coûter 5 $ le pied carré, avant la pose.
Avantage notable, les retailles et la poussière
de marbre sont recyclables en bordures décoratives. «
Elles sont vendues moins chères et sont souvent plus travaillées
», fait remarquer Dominic Boivin, du détaillant Ital-Nord
situé à Piedmont dans les Laurentides. Une bordure
dun pied de long par deux pouces de large en marbre massif
peut se détailler à 50 $ contre 15 $ pour celle en
marbre recyclé.
Lardoise, une pierre dure et peu poreuse, représente
un autre choix intéressant pour les personnes soucieuses
de leur santé. Combinée à un mortier et à
un coulis peu toxiques, cette pierre inerte « peut être
tout à fait acceptable », souligne le Guide de la SCHL.
Il faut cependant vérifier sa teneur en radon (un gaz naturel
causant le cancer du poumon) si lon prévoit sen
servir en grande quantité à lintérieur.
à suivre...
Nathalie Nolin, 2003
Magazine La Maison du 21e siècle
www.21esiecle.qc.ca
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