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LA CHRONIQUE ÉNERGÉTIQUE
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L'air du temps à l'ère du moteur à deux temps

Par : Martin Saint-Pierre

  Se distingue parmi les évènements marquants de notre époque, la prise de conscience mondiale des effets compromettants de l'activité humaine sur l'équilibre atmosphérique de la planète. Le réchauffement des températures représente un défit environnemental sans précédent et cette situation commence à peine à nous pomper l'air. Reste à savoir si les générations futures auront le désir de nous témoigner leur reconnaissance ou leur ressentiment pour avoir pris ou non les mesures nécessaires, collectivement et individuellement, pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

  L'importante et soudaine accélération du réchauffement des températures terrestres moyennes, est attribuable aux accumulations non naturelles de gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère. Ces gaz excédentaires proviennent en grande partie de la combustion des combustibles fossiles. De surcroît, la destruction des forêts primitives par l'industrie forestière réduit largement le nombre de végétaux qui produisent, par la photosynthèse, l'oxygène nécessaire à contre balancer l'effet de serre.

  Les GES qui s'accumulent et persistent longtemps dans l'atmosphère, en plus d'emprisonner la chaleur sur terre, sont responsables des problèmes reliés au smog, aux pluies acides et à l'appauvrissement de la couche d'ozone. Le Canada a récemment ratifié le protocole de Kyoto, s'engageant ainsi à réduire les émissions de GES au pays, afin d'atteindre un niveau se situant à 10 % sous celui de 1990.

  Grâce à ses moyens de production d'électricité, le Québec présente le plus bas taux d'émission de GES par individu au pays. Malgré tout, les transports, les habitudes de vie à la maison et les loisirs motorisés comptent pour une large part de ces émissions.

Pourquoi agir ?
  Les scientifiques sont impuissants à prévoir avec assurance toutes les conséquences reliées au réchauffement planétaire, ni dans quelle mesure la progression du phénomène est réversible.

  L'élévation du niveau de la mer, la multiplication des catastrophes naturelles tel que les inondations, les ouragans ou les feux de forêts, ainsi que l'augmentation des problèmes de santé reliés à la chaleur ou au smog, sont des aperçus de ce que réserve l'avenir aux êtres humains.

  La créativité humaine, on l'espère, aboutira vers la découverte d'une nouvelle source d'énergie qui règlera peut-être le problème. Mais d'ici là, on ne peut baser l'avenir que sur du concret.

  Peut-être que la hantise de problèmes comme la migration et la prolifération d'insectes porteurs de virus affectant l'homme, représente une raison suffisante pour agir. Ou peut-être que le mérite de la reconnaissance de nos enfants et des générations à venir est un meilleur facteur de motivation pour adopter un comportement responsable face aux connaissances actuelles des enjeux environnementaux.

Un moteur qui a fait son temps
  Le moteur à deux temps, largement répandu dans le domaine des véhicules récréatifs, celui des embarcations et celui des outils de jardin, constitue une source importante d'émission de CO2, l'un des plus abondants gaz à effet de serre. La combustion incomplète du mélange d'essence et d'huile, provoque des pertes importantes d'hydrocarbure dans la nature et fait de ces moteurs, une source importante de pollution.

  Certains pays comme le Bengladesh ont déjà adopté des réglementations concernant l'utilisation et l'importation de véhicules-taxi, tricycles ou pousse-pousse équipés de moteurs à deux temps, pour se conformer au protocole de Kyoto.

  On pourrait croire, à tord, que la moto et le scooter se classent parmi les moyens de transport écologique, puisqu'ils consomment moins de carburant. Paradoxalement, les motos sans catalyseur et les scooters propulsées par des moteurs à deux temps, produisent, selon leurs cylindrés, environ autant de GES que 140 à 200 voitures équipées d'un système anti-pollution. L'engouement des jeunes et moins jeunes pour la moto-marine, contribue aussi au réchauffement des températures, sans oublier les dommages causés aux berges et aux écosystèmes de nos lacs et rivières.

Comment agir ?
  Le problème est de taille. Puisque les habitudes de vie de tous et chacun sont en cause, la responsabilité appartient à chaque personne et à chaque entreprise. Évidemment, les actions collectives et gouvernementales sont essentielles au développement durable. Toutefois, les gestes individuelles, les pressions de la population sur les décideurs et les comportements écologiques sont très loin d'être négligeables mais font plutôt partie intégrale de la solution.

Le rendement énergétique
  Le chauffage des habitations participe également aux accumulations de GES, particulièrement lorsque intervient le brûlage des combustibles fossiles comme le bois ou le mazout, mais également lors de la production, donc de la consommation d'électricité.

  En conséquence, toute démarche visant à améliorer le rendement énergétique or à réduire la consommation d'énergie, contribue à diminuer les émissions nocives. Quoique très valables comme motifs, l'épargne substantielle et l'augmentation du confort ne sont plus les meilleurs raisons de s'attaquer à des travaux de calfeutrage ou d'isolation. Lesquelles travaux génèrent d'ailleurs peu de frais et se rentabilisent rapidement.

  Un réglage adéquat et adapté des thermostats et un entretien rigoureux des générateurs de chaleur, des climatiseurs et des filtres de ceux-ci, s'avèrent aussi être une contribution facile à réaliser. En outre, la réduction de la consommation d'eau chaude par des moyens simples comme l'utilisation d'une pomme de douche écoénergétique ou l'isolation des tuyaux est bénéfique et souhaitable. Pareillement, il est simple et rentable d'installer des ampoules fluorescentes compactes.

Les transports
 Éventuellement, une large proportion du problème trouvera sa solution dans l'amélioration des moyens de transport pour les personnes et les marchandises. À défaut d'utiliser les transports en commun, de pratiquer le covoiturage ou encore de choisir une voiture hybride ou économique, plusieurs astuces peuvent contribuer à limiter les dégâts.

  Afin de réduire la consommation d'essence, il est recommandé de gonfler les pneus adéquatement, de diminuer la vitesse et de veiller à l'entretien rigoureux du véhicule. Une démarche judicieuse consiste à faire effectuer un examen de contrôle des émanations et de suivre les recommandations qui s'en suivent.

  Selon l'Office de l'efficacité énergétique (OEE), la marche au ralenti est une habitude inutilement polluante. L'OEE affirme que trente secondes suffisent au moteur pour se lubrifier et nous permettre de prendre la route, même par temps froids, à moins que le givre nuise à la visibilité. Le moteur, les pneus et les autres pièces se réchauffent plus efficacement en roulant. De cette façon, vous parcourez du chemin alors même que le réchauffement rend sa pleine efficacité au système de contrôle des émissions de co2 de votre véhicule. L'organisme recommande aussi d'utiliser un chauffe-bloc pour réduire l'usure du moteur.

  Dans le cas d'un arrêt temporaire, il est intéressant de noter que le véhicule émet plus de GES, si vous laissez tourner le moteur au ralenti pendant dix secondes plutôt que de l'éteindre et le redémarrer.

  Le ministère de l'environnement du Canada, et Les Amis de la terre annoncent qu'ils lanceront, le 16 juin 2003, à Ottawa, le projet pilote de mise à la ferraille de véhicules intitulé : " Transport écolo. " Le projet a pour but de retirer des routes les véhicules polluants (les véhicules d'avant 1988) tout en offrant aux propriétaires des incitatifs pour choisir des moyens de transport plus écologiques.

Le moindre effort
  Avant de penser à réduire ses déplacements et de se priver de loisir motorisé, il serait sage d'adopter quelques habitudes quotidiennes responsables, qui nous sollicitent après tout que de maigres efforts. Le recyclage fait partie de ces bonnes habitudes, puisque les dépotoirs produisent du méthane, lequel participe à l'effet de serre.

  Les utilisateurs d'ordinateurs ont l'alternative de choisir l'utilisation d'une imprimante à jet d'encre au lieu d'un modèle au laser et ils ont la liberté d'acheminer leurs correspondances par courrier électronique dans le but de réduire la consommation d'énergie reliée à l'impression du papier.

L'extérieur
  L'entretien extérieur se classe parmi les premiers au rang des coupures potentielles d'émission de GES sans conséquences majeures sur nos habitudes de vie.

  Ça vaut le coup, pour remplacer la vieille tondeuse, le coupe bordure, le taille haie ou d'autres outils de jardinage, de choisir des appareils mécaniques, électriques ou à faible émission. D'ici là, il est important d'entretenir rigoureusement les appareils équipés d'un moteur à deux temps. L'utilisation d'une seule de ces polluantes tondeuses pendant une heure, équivaut environ aux émissions d'une voiture récente qui effectue le trajet aller-retour Montréal-Québec.

  J'ai récemment fait l'essai d'une tondeuse mécanique hélicoïdale, équipé d'un moteur électrique alimenté à l'aide d'une batterie rechargeable. Cet appareil offre de grands avantages grâce à son moteur qui permet de tondre le gazon plus efficacement que sa proche parente à action uniquement mécanique. Idéale pour la ville et la banlieue, cette tondeuse s'avère également sécuritaire, légère, facile à entretenir et agréablement silencieuse. Avec cet outil, il est tout à loisir de sortir prendre l'air en coupant le gazon, même très tôt le samedi matin, sans en éprouver aucune culpabilité à l'égard du voisinage et de la planète dans son ensemble.

Martin Saint-Pierre
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