Se distingue parmi les évènements marquants
de notre époque, la prise de conscience mondiale des effets
compromettants de l'activité humaine sur l'équilibre
atmosphérique de la planète. Le réchauffement
des températures représente un défit environnemental
sans précédent et cette situation commence à
peine à nous pomper l'air. Reste à savoir si les générations
futures auront le désir de nous témoigner leur reconnaissance
ou leur ressentiment pour avoir pris ou non les mesures nécessaires,
collectivement et individuellement, pour réduire nos émissions
de gaz à effet de serre.
L'importante et soudaine accélération du
réchauffement des températures terrestres moyennes,
est attribuable aux accumulations non naturelles de gaz à effet
de serre (GES) dans l'atmosphère. Ces gaz excédentaires
proviennent en grande partie de la combustion des combustibles fossiles.
De surcroît, la destruction des forêts primitives par
l'industrie forestière réduit largement le nombre de
végétaux qui produisent, par la photosynthèse,
l'oxygène nécessaire à contre balancer l'effet
de serre.
Les GES qui s'accumulent et persistent longtemps dans
l'atmosphère, en plus d'emprisonner la chaleur sur terre, sont
responsables des problèmes reliés au smog, aux pluies
acides et à l'appauvrissement de la couche d'ozone. Le Canada
a récemment ratifié le protocole de Kyoto, s'engageant
ainsi à réduire les émissions de GES au pays,
afin d'atteindre un niveau se situant à 10 % sous celui de 1990.
Grâce à ses moyens de production d'électricité,
le Québec présente le plus bas taux d'émission
de GES par individu au pays. Malgré tout, les transports, les
habitudes de vie à la maison et les loisirs motorisés
comptent pour une large part de ces émissions.
Pourquoi agir ?
Les scientifiques sont impuissants à prévoir
avec assurance toutes les conséquences reliées au réchauffement
planétaire, ni dans quelle mesure la progression du phénomène
est réversible.
L'élévation du niveau de la mer, la multiplication
des catastrophes naturelles tel que les inondations, les ouragans
ou les feux de forêts, ainsi que l'augmentation des problèmes
de santé reliés à la chaleur ou au smog, sont
des aperçus de ce que réserve l'avenir aux êtres humains.
La créativité humaine, on l'espère,
aboutira vers la découverte d'une nouvelle source d'énergie
qui règlera peut-être le problème. Mais d'ici
là, on ne peut baser l'avenir que sur du concret.
Peut-être que la hantise de problèmes comme
la migration et la prolifération d'insectes porteurs de virus
affectant l'homme, représente une raison suffisante pour agir.
Ou peut-être que le mérite de la reconnaissance de nos
enfants et des générations à venir est un meilleur
facteur de motivation pour adopter un comportement responsable face
aux connaissances actuelles des enjeux environnementaux.
Un moteur qui a fait son temps
Le moteur à deux temps, largement répandu
dans le domaine des véhicules récréatifs, celui
des embarcations et celui des outils de jardin, constitue une source
importante d'émission de CO2,
l'un des plus abondants gaz à effet de serre. La combustion
incomplète du mélange d'essence et d'huile, provoque
des pertes importantes d'hydrocarbure dans la nature et fait de ces
moteurs, une source importante de pollution.
Certains pays comme le Bengladesh ont déjà
adopté des réglementations concernant l'utilisation
et l'importation de véhicules-taxi, tricycles ou pousse-pousse
équipés de moteurs à deux temps, pour se conformer
au protocole de Kyoto.
On pourrait croire, à tord, que la moto et le scooter
se classent parmi les moyens de transport écologique, puisqu'ils
consomment moins de carburant. Paradoxalement, les motos sans catalyseur
et les scooters propulsées par des moteurs à deux temps,
produisent, selon leurs cylindrés, environ autant de GES que
140 à 200 voitures équipées d'un système
anti-pollution. L'engouement des jeunes et moins jeunes pour la moto-marine,
contribue aussi au réchauffement des températures, sans
oublier les dommages causés aux berges et aux écosystèmes
de nos lacs et rivières.
Comment agir ?
Le problème est de taille. Puisque les habitudes
de vie de tous et chacun sont en cause, la responsabilité appartient
à chaque personne et à chaque entreprise. Évidemment,
les actions collectives et gouvernementales sont essentielles au développement
durable. Toutefois, les gestes individuelles, les pressions de la
population sur les décideurs et les comportements écologiques
sont très loin d'être négligeables mais font plutôt
partie intégrale de la solution.
Le rendement énergétique
Le chauffage des habitations participe également
aux accumulations de GES, particulièrement lorsque intervient
le brûlage des combustibles fossiles comme le bois ou le mazout,
mais également lors de la production, donc de la consommation
d'électricité.
En conséquence, toute démarche visant à
améliorer le rendement énergétique or à
réduire la consommation d'énergie, contribue à
diminuer les émissions nocives. Quoique très valables
comme motifs, l'épargne substantielle et l'augmentation du
confort ne sont plus les meilleurs raisons de s'attaquer à
des travaux de calfeutrage ou d'isolation. Lesquelles travaux génèrent
d'ailleurs peu de frais et se rentabilisent rapidement.
Un réglage adéquat et adapté des
thermostats et un entretien rigoureux des générateurs
de chaleur, des climatiseurs et des filtres de ceux-ci, s'avèrent
aussi être une contribution facile à réaliser.
En outre, la réduction de la consommation d'eau chaude par
des moyens simples comme l'utilisation d'une pomme de douche écoénergétique
ou l'isolation des tuyaux est bénéfique et souhaitable.
Pareillement, il est simple et rentable d'installer des ampoules fluorescentes
compactes.
Les transports
Éventuellement, une large proportion du problème
trouvera sa solution dans l'amélioration des moyens de transport
pour les personnes et les marchandises. À défaut d'utiliser
les transports en commun, de pratiquer le covoiturage ou encore de
choisir une voiture hybride ou économique, plusieurs astuces
peuvent contribuer à limiter les dégâts.
Afin de réduire la consommation d'essence, il est
recommandé de gonfler les pneus adéquatement, de diminuer
la vitesse et de veiller à l'entretien rigoureux du véhicule.
Une démarche judicieuse consiste à faire effectuer un
examen de contrôle des émanations et de suivre les recommandations
qui s'en suivent.
Selon l'Office de l'efficacité énergétique
(OEE), la marche au ralenti est une habitude inutilement polluante.
L'OEE affirme que trente secondes suffisent au moteur pour se lubrifier
et nous permettre de prendre la route, même par temps froids,
à moins que le givre nuise à la visibilité. Le
moteur, les pneus et les autres pièces se réchauffent
plus efficacement en roulant. De cette façon, vous parcourez
du chemin alors même que le réchauffement rend sa pleine
efficacité au système de contrôle des émissions
de co2 de votre véhicule.
L'organisme recommande aussi d'utiliser un chauffe-bloc pour réduire
l'usure du moteur.
Dans le cas d'un arrêt temporaire, il est intéressant
de noter que le véhicule émet plus de GES, si vous laissez
tourner le moteur au ralenti pendant dix secondes plutôt que
de l'éteindre et le redémarrer.
Le ministère de l'environnement du Canada, et Les
Amis de la terre annoncent qu'ils lanceront, le 16 juin 2003, à
Ottawa, le projet pilote de mise à la ferraille de véhicules
intitulé : " Transport écolo. " Le projet a pour but
de retirer des routes les véhicules polluants (les véhicules
d'avant 1988) tout en offrant aux propriétaires des incitatifs
pour choisir des moyens de transport plus écologiques.
Le moindre effort
Avant de penser à réduire ses déplacements
et de se priver de loisir motorisé, il serait sage d'adopter
quelques habitudes quotidiennes responsables, qui nous sollicitent
après tout que de maigres efforts. Le recyclage fait partie
de ces bonnes habitudes, puisque les dépotoirs produisent du
méthane, lequel participe à l'effet de serre.
Les utilisateurs d'ordinateurs ont l'alternative de choisir
l'utilisation d'une imprimante à jet d'encre au lieu d'un modèle
au laser et ils ont la liberté d'acheminer leurs correspondances
par courrier électronique dans le but de réduire la
consommation d'énergie reliée à l'impression
du papier.
L'extérieur
L'entretien extérieur se classe parmi les premiers
au rang des coupures potentielles d'émission de GES sans conséquences
majeures sur nos habitudes de vie.
Ça vaut le coup, pour remplacer la vieille tondeuse,
le coupe bordure, le taille haie ou d'autres outils de jardinage,
de choisir des appareils mécaniques, électriques ou
à faible émission. D'ici là, il est important
d'entretenir rigoureusement les appareils équipés d'un
moteur à deux temps. L'utilisation d'une seule de ces polluantes
tondeuses pendant une heure, équivaut environ aux émissions
d'une voiture récente qui effectue le trajet aller-retour Montréal-Québec.
J'ai récemment fait l'essai d'une tondeuse mécanique
hélicoïdale, équipé d'un moteur électrique
alimenté à l'aide d'une batterie rechargeable. Cet appareil
offre de grands avantages grâce à son moteur qui permet
de tondre le gazon plus efficacement que sa proche parente à
action uniquement mécanique. Idéale pour la ville et
la banlieue, cette tondeuse s'avère également sécuritaire,
légère, facile à entretenir et agréablement
silencieuse. Avec cet outil, il est tout à loisir de sortir
prendre l'air en coupant le gazon, même très tôt
le samedi matin, sans en éprouver aucune culpabilité
à l'égard du voisinage et de la planète dans
son ensemble.