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La maison autonome : bye, bye Hydro-Québec ! (partie 3)

Par : André Fauteux

    Voici les trois compléments à la génératrice pour une maison ou un chalet hors réseau.

La microhydroélectricité
  On parle ici d'une petite turbine produisant moins de 22 500 watts ou 22,5 kW à un coût variant entre 6 et 12¢/kWh. La production, qui dépend du volume (débit) et de la pression (hauteur) de la chute ou de la rivière, est à son maximum en temps de cru printanière. Une rare chute de deux mètres, au débit de 800 litres par minute, produira autant d'électricité avec une turbine de 2 000 $ qu'un système photovoltaïque de 30 000 $, explique le responsable des énergies renouvelables au ministère des Ressources naturelles du Québec, Donald Maltais. " On comprendra rapidement l'intérêt de l'hydraulique puisque la dénivellation naturelle du terrain aura préalablement concentré l'énergie. " Noter qu'il faut préalablement obtenir un permis municipal ou provincial pour modifier l'écoulement du cours d'eau.

La petite éolienne
  C'est une turbine à pales produisant en deçà de 10 000 watts (10 kW). Avec son design moderne, beaucoup plus efficace que celui d'un moulin à vent, ce système peut coûter aussi peu que 7 ¢ du kWh produit dans une région très venteuse, selon l'ingénieur André Nitcheu de la compagnie Énergie Matrix, de Kirkland. Malgré sa grande abordabilité, l'éolienne est rarement viable car elle requiert un vent d'au moins 18 km/h (mesuré à dix mètres du sol) en moyenne annuelle. Le Québec est un lieu de prédilection pour l'éolienne, mais seulement dans des endroits bien précis : sommets de montagne, plaines sans obstacles et régions côtières (Gaspésie, Côte Nord et Îles-de-la-Madeleine). Dans les sites propices mais moins venteux, on a intérêt à combiner l'éolienne à un système photovoltaïque, d'autant plus que le vent ne souffle que 10 à 15 % du temps en été et 30 à 40 % du temps en hiver et davantage dans les mois les moins ensoleillés. " Souvent, les gens croient à tort que leur terrain est venteux, mais en fait il s'agit surtout de turbulences, explique André Nitcheu. Il faut un vent direct et constant. Comme une éolienne de 3 000 watts de puissance coûte 20 000 $, avant de l'acheter il vaut mieux mesurer le vent. " Lili Haury, de la compagnie montréalaise Écosolaire, spécialisée en micro-éolienne, dit qu'il faut mesurer " les variations, fréquences et vitesses du vent pendant au moins six mois et idéalement pendant 12 mois, à l'aide d'une tour anémométrique. Selon la taille de cette dernière et l'importance du projet, la location pour un an coûte de 2 500 $ à 8 000 $, y compris le montage, le démontage et l'analyse des données. Une partie de ce montant est remboursée à la reprise du système en bon état. " Il faut aussi savoir que plusieurs municipalités interdisent l'installation d'une tour plus haute que le toit d'une maison, un obstacle majeur à la percée de l'éolien en milieu urbain (heureusement en général peu venteux).

Le photovoltaïque
  Dans la plupart des sites hors réseau, le système photovoltaïque (PV) est le plus approprié car le soleil abonde en général le jour. Le PV coûte en moyenne 35¢/kWh incluant le remplacement des batteries aux sept ans, selon André Nitcheu. Ce genre de système est silencieux, non polluant et à l'abri des pannes. Il demande un entretien minime (il n'y a aucune partie mobile) et on peut y greffer d'autres panneaux, batteries et systèmes à mesure que nos besoins et notre budget évoluent. Enfin, c'est un éveilleur de conscience face aux préoccupations environnementales, surtout quand les panneaux sont bien en vue sur un bâtiment.

  La plupart des panneaux ou " modules " photovoltaïques utilisés dans les systèmes à tension nominale 12 volts sont composés de 30 à 36 cellules bleues ou noires interconnectées, chacune faites de petits semi-conducteurs composés de silicium, bref de sable infiniment abondant. Bien que la fabrication et le recyclage d'un module PV présente certains coûts environnementaux, ils sont si faibles qu'on les récupère en 18 mois d'utilisation quand les modules remplacent des sources d'électricité plus polluantes, explique M. Nitcheu. Un tel module a une durée de vie de près de 45 ans et les fabricants garantissent qu'il produira encore 80 % de sa puissance initiale après 25 ans.

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André Fauteux
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