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Protocole de Kyoto, pourquoi et pour qui ?

Par : Jacqueline Armand

  Depuis quelques temps, nous sommes tous victimes des caprices du temps. Caprices qui se traduisent par des orages violents, des tempêtes, des tornades… balayant tout sur leurs passages comme les tempêtes qui ont ravagées la France, les inondations au Venezuela ou au Mozambique, les pluies diluviennes sur la Chine, les tornades aux États-Unis, etc. Mais à quoi sont dues ces modifications climatiques ? L'homme pourrait-il en être responsable ? Ces deux questions majeurs sont tellement importantes qu'elles sont étudiées depuis plusieurs années déjà par la convention cadre des Nations-Unies sur le changement climatique. Ces études ont données lieu à différentes conventions et protocoles afin de stabiliser et réduire la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêcherait toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique. L'expression « effet de serre » a été donnée à ce phénomène par le scientifique Joseph Fourrier qui l'a découvert en 1824.

  Cet effet de serre est tout d'abord un phénomène naturel car le rayonnement du soleil n'est qu'en partie absorbée par la terre , l'autre partie est réfléchie sous forme de rayonnements infrarouges. Mais l'homme perturbe l'équilibre naturel en ajoutant en trop grande quantité dans l'atmosphère, des gaz industriels dits à effet de serre. Il faut savoir que cet effet de serre et l'émanation de gaz naturels sont indispensables à notre vie. Sans leur présence la température moyenne de la terre serait de - 18° Celsius. Grâce à eux, la température moyenne atteint donc + 15° Celsius. La plupart de ces gaz indispensables sont donc présents naturellement dans l'atmosphère mais ils sont également produits par les activités humaines liées à la production d'énergie, aux transports, à l'industrie, à l'agriculture et à la déforestation. Depuis peu il est prouvé par la communauté scientifique qu'une utilisation trop massive de combustibles fossiles à base de carbone était susceptible d'augmenter la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Cette augmentation aurait pour effet un réchauffement climatique qui aurait des conséquences désastreuses sur l'équilibre écologique.

  Ainsi les dangers du réchauffement climatique et son lien avec les gaz à effet de serre ne sont plus à prouver, le plus difficile maintenant est de trouver des solutions efficaces et adoptable par tous les pays afin d'améliorer la situation. Ce problème a fait l'objet des premières applications du principe de précaution par la communauté internationale avec l'adoption, le 9 mai 1992, de la convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique, ouverte à la signature pendant le sommet de la terre à Rio puis ratifiée par 171 états. L'objectif de la convention-cadre adoptée à Rio en 1992 était de « stabiliser » dans un premier temps les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêcherait toute perturbation faite par les actions humaines. A l'époque, le but était de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre à leur niveau de 1990, mais il s'agissait plus d'une orientation préconisée que d'un véritable mécanisme de réduction. Alors, lors de la 3ème conférence des Parties signataires de la convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique qui s'est tenu à Kyoto du 1er au 31 décembre 1997, un protocole additionnel à la convention de Rio a été adopté. Ce protocole, dit protocole de Kyoto, après 10 jours de négociations particulièrement difficiles, est entré en vigueur qu'après sa ratification et a pour objet d'établir les mesures nécessaires à prendre pour réduire de manière significative, à l'horizon 2010, les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Au 12 avril 2004, 120 pays l'avaient ratifiés dont la France et le Canada mais malheureusement, pas les États-Unis.

  La France est l'un des pays dont les émissions de CO2 sont parmi les plus basses des pays industrialisés et c'est pour cette raison qu'actuellement la France ne peut que stabiliser sa production de gaz à effet de serre. Avec des émissions de 1.7 tonne de carbone par habitant et par an, la France fait presque 2 fois mieux que la moyenne (3 tonnes) des pays industrialisés et 3 fois mieux que les États-Unis. La France a peut-être une position très avancée contre le réchauffement climatique mais celle-ci ne peut continuer à réussir que dans le cadre d'une prise en compte du développement durable dans tous ces aspects, autant politiquement qu'individuellement au sein des foyers français.

  Pour la première fois, le protocole de Kyoto impose un coup d'arrêt au mode de fonctionnement de l'économie, depuis la révolution industrielle fondée sur une utilisation intensive et abusive des ressources naturelles. Pour cela Kyoto a été considéré comme une victoire symbolique car il était peut-être temps de « faire marche arrière » à la dégradation de l'environnement. Si nos gouvernements se sont investis, nous pouvons nous aussi à notre niveau nous impliquer dans le protocole de Kyoto en appliquant de nouvelles règles de vie et d'économie d'énergie dans nos foyers. Il est souvent inutile d'utiliser autant d'énergie quotidiennement alors qu'en y faisant un peu plus attention on peut préserver la nature et la terre pour nos générations futures. Mis à part d'éteindre la lumière en quittant une pièce ou de ne pas laisser d'appareils électriques en veille, voici quelques autres exemples un peu plus importants et plus ou moins faciles à appliquer à notre mode de vie. Car dans l'avenir ces mesures pourraient s'avérer obligatoires.

 Isoler thermiquement sa maison du mieux possible. Entre un logement mal isolé et un logement bien isolé, la dépense énergétique de chauffage, à température intérieure identique, varier du simple au double. En plus de faire une action contre l'effet de serre en utilisant moins d'énergie, on fait une grande économie de chauffage donc d'argent.
 Remplacer la chaudière au fuel par une chaudière à gaz, l'hydrogène ne produit que de l'eau et donc pas de CO2 et pas d'effet de serre.
 Installer un chauffe-eau solaire et/ou un chauffage solaire. Un chauffage solaire permet de diviser par 2 sa facture de chauffage.
 En hiver, baisser la température des pièces chauffées de 1°C., cette baisse quasi-indétectable par le corps permet tout de même d'économiser jusqu'à 10% de la consommation en énergie.
 Lors de l'achat d'une voiture en choisir une petite si c'est possible. Car selon la marque du véhicule, la consommation d'énergie peut aller du simple au double selon le parcours et encore plus lors d'embouteillage.
 Utiliser le moins possible la climatisation en voiture. C'est certainement très agréable, mais ne pas utiliser la climatisation permet d'économiser jusqu'à 200 kg de carbone par an et par véhicule. Ce qui est énorme quand on pense au nombre de véhicules sur la planète.
 Utiliser le moins possible la voiture et prendre les transports en commun pour aller au travail par exemple. Même mieux, utiliser des modes non motorisés ou bien la marche pour des déplacements de proximité. Non seulement vous ne produirez aucun gaz mais vous pratiquerez une activité physique.

Il est tout de même malheureux que dans notre société moderne et civilisée, il a fallut attendre que la nature montre des signes de mécontentement pour que l'on tente tous ensemble de prendre des mesures pour la préserver. Mais la route est encore très longue car le protocole de Kyoto n'est pas la solution idéale, mais qu'un pas dans la bonne direction . Il faut encore travailler. C'est ce que fait la convention-cadre des Nations-Unies pour que tous les pays et états tombent d'accord sur les actions à mener. A chacun de nous de faire aussi des actions pour protéger notre plus grand bien, car demain il sera peut être trop tard pour dire « j'aurais du » !


Jacqueline Armand
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