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La maladie du cellulaire

Par : André Fauteux, éditeur
Magazine La Maison
du 21e siècle
La mère du concept du développement durable,
Gro Harlem Brundtland, ressent un léger mal de tête quand
un téléphone cellulaire est allumé jusqu'à
4 mètres d'où elle se situe. Elle n'a jamais possédé
un tel appareil, mais en tant que premier ministre de la Norvège,
puis présidente de la Commission mondiale sur l'environnement
et le développement, et jusqu'à tout récemment
comme directrice générale de l'Organisation mondiale
de la santé (OMS), elle a souvent pris un appel sur le combiné
d'un proche. « Au début, je sentais une chaleur
autour de mon oreille. Mais l'agonie empira et devint un grand inconfort
accompagné de maux de tête à chaque fois que j'utilisais
un téléphone mobile », confiait-elle en mars
2002 au journal norvégien Dagbladet. Travailler à l'ordinateur
lui donne même une sensation de choc électrique dans
les bras !
Comme je ne lis pas le norvégien, je suis heureux
de correspondre avec l'Allemand Klaus Rudolph, qui dirige le site
web multilingue Citizens' Initiative Omega (www.grn.es/electropolucio/00omega.htm).
C'est le site international des citoyens luttant contre l'électropollution
qui, en croissant, accroît notre sensibilité à
des ondes de fréquences de plus en plus faibles. Les antennes
émettrices poussent tellement vite dans le paysage que certains
experts croient même que les effets néfastes de cette
forme de pollution dépasseront bientôt ceux de la pollution
chimique. M. Rudolph m'a transmis la traduction anglaise de l'article
de Dagbladet. « Il n'est pas établi que cette radiation
cause, par exemple, le cancer du cerveau, » dit le Dr Brundtland.
L'OMS effectue une grande étude là-dessus et, d'ici
2 à 3 ans, nous aurons de meilleures réponses à
toutes ces questions. Mais je comprends les scientifiques qui nous
mettent en garde. Je pense qu'il y a raison d'être prudent et
de ne pas utiliser le téléphone (mobile) plus que nécessaire.
Et plus vous êtes jeune, plus vous devriez prendre cela au sérieux.
Le plus absurde, c'est que, malgré l'hypersensibilité
de son ancienne patronne, l'OMS vient d'abandonner son projet d'invoquer
le principe de précaution face aux radiations émises
par les champs électromagnétiques de 60 Hertz et des
radiofréquences utilisées par les téléphones
cellulaires et sans fil (www.microwavenews.com).
Ces hyperfréquences tombent dans la partie micro-ondes du spectre
électromagnétique : de 400 à 900 mégahertz (MGz),
correspondant au système global de communications mobiles et
jusqu'à 2000 MHz, système digital. Ce sont là
des fréquences dangereusement proches de celles des fours domestiques
à micro-ondes (2 450 MHz), reconnues pour causer
des dommages génétiques chez les rats.
Un problème reconnu
Je suis parmi les deux-tiers de Québécois
qui ne posent pas ce puissant transmetteur contre son cerveau, et
je n'ai pas l'intention d'acheter de cellulaire. Les campagnes de
marketing qui ont créé ce nouveau « besoin »
de toutes pièces, en jouant sur les peurs et les désirs
des gens, ne m'ont du moins pas atteint. Je préfère
ma ligne en attente, ma boîte vocale, mon courriel et… ma liberté
de me couper de mes « obligations » au besoin !
Oui, c'est un outil pratique en cas d'urgence, mais pour bien des
gens, c'est devenu une dépendance, sinon un esclavage ou un
virus ! Surtout que l'obsession de toujours vouloir joindre ses
enfants à distance grâce au cellulaire risque de leur
donner le cancer ou une autre maladie ! Un pensez-y bien qui
s'ajoute aux risques d'accidents de voiture bien connus…
Tant qu'on n'aura pas prouvé leur innocuité
hors de tout doute, il faut pratiquer le principe de précaution.
Le fardeau de la preuve doit reposer sur les épaules des fabricants
qui nous imposent leurs antennes, pas sur les nôtres, à
titre de cobayes !
L'Italie, la Suisse, des villes comme Paris, ainsi que
des organismes gouvernementaux et médicaux de plusieurs pays
ont déjà adopté ou recommandé des limites
d'exposition du public quant à l'usage des téléphones
mobiles et à la localisation des antennes de téléphone
mobiles. En général, les téléphones et
les transmetteurs de radio et de télé posent beaucoup
plus de problèmes que les antennes de cellulaires, mais des
hypersensibles disent avoir ressenti des malaises à 300 mètres
de distance. La directrice de la santé publique de Toronto,
le Dr Sheela Basur, a même recommandé de réduire
les émissions des tours de cellulaires par un facteur de 100.
D'ailleurs les assureurs refusent désormais de couvrir les
risques à la santé qui pourraient être liés
à ces tours.
« Nous ne nous sommes pas encore attaqués
sérieusement à ce problème, avoue le Dr Patrick
Levallois, l'expert en champs électromagnétiques de
l'Institut national de santé publique du Québec. Il
existe de nombreux inconnus, en particulier sur les effets à
long terme, alors que les normes d'exposition sont basées sur
des effets de court-terme. »
La maladie des radiofréquences est pourtant déjà
reconnue par la Suède et fut décrite par des chercheurs
des pays de l'Est dès les années 1960. Une étude
parue dans la revue Archives of Envionmental Health (1998 ; 53) l'a
liée à l'exposition à des hyperfréquences
pulsées, semblables à celles généralisées
par les cellulaires. Elle se caractérise par les symptômes
suivants : irritabilité, nausées, anorexie, dépression,
hyper ou hypotension, somnolence, insomnie, allergies, eczéma,
taux élevé de lymphocytes, atteinte d'organes des sens,
etc. Les femmes sont les plus sensibles aux perturbations du sommeil.
En 1995, la Néo-zélandaise Penny Hargreaves s'est mise
à se réveiller souvent vers 2-3 heures du matin et est
devenue très malade (douleurs aux os, saignements de nez, palpitations,
fatigue, dépression, etc.) après qu'une antenne fut
installée près de sa ferme, qu'elle dût quitter
à jamais pour recouvrer la santé.
Dès 1996, des chercheurs ont noté une augmentation
significative du risque de leucémie chez les gens exposés
aux micro-ondes émises par les téléphones mobiles.
D'autres études ont conclu que le risque de cancer du cerveau
augmente chez les gens qui utilisent le téléphone cellulaire
depuis dix ans, soit le temps que le cancer prend à se développer.
L'ancienne technologie analogique, plutôt que digitale, serait
la plus risquée. Selon des chercheurs suédois, une exposition
de deux minutes aux radiofréquences d'un cellulaire peut causer
une fuite de protéines et de toxines au cerveau, ce qui augmenterait
les risques de développer la sclérose en plaques, la
maladie d'Alzheimer et le Parkinson.
Les tours
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Sa puissance, sa distance
et votre sensibilité
détermineront si l’antenne
vous affectera.
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Les poursuites ne cessent de s'accumuler contre les propriétaires
d'antennes émettrices et les villes qui les accueillent. Et
pour cause : dans le monde, plus de soixante agrégats
de cancers humains ont été répertoriés
à proximité de transmetteurs de postes de radio, de
télé et de téléphones mobiles, sans parler
des nombreux problèmes manifestes chez les animaux. Six professeurs
de l'école primaire Hillside, située à deux pas
de deux grosses tours de cellulaires dans la ville de Mission, en
Colombie-Britannique, sont malades, dont trois ont le cancer du sein !
Barbara Lake, de Wolfville en Nouvelle-Écosse, n'a retrouvé
la santé qu'en déménageant au bord de la mer,
un technicien d'Industrie Canada lui ayant expliqué que les
compagnies ne diffusent pas leurs signaux directement à travers
de grandes étendues d'eau, ce qui serait un gaspillage d'énergie.
Je me demande vraiment combien de décès
il faudra compter avant que Santé Canada décide d'afficher
des mises en garde sur les téléphones mobiles (www.hcsc.gc.ca/francais/vsv/produits/cellulaires.html).
Mais les puissants fabricants résistent. Victime de « harcèlement
moral », le professeur Roger Santini s'est fait ordonner
par ses patrons de l'Institut national des sciences appliquées,
à Lyon, de cesser ses écrits (notamment dans La revue
du praticien - médecine générale du 19 mars 2001)
sur le bioenvironnement électromagnétique, sa spécialité
depuis 22 ans. Il existe déjà 15 000 études
sur les cellulaires, mais l'industrie joue à l'autruche. Ces
dernières années, elle s'est payé une campagne
de relations publiques de 25 millions de dollars en optant pour
des études « scientifiques » qu'elle
voulaient bidon. Mais d'éminents chercheurs (Adey, Lai et Carlo)
ont dénoncé cette mascarade, l'industrie voulant les
empêcher de publier les preuves qu'ils ont découvert
sur la nocivité de leurs appareils. Cette histoire ressemble
trop à celle de la cigarette, dont les premières études
médicales ne révélaient aussi que de faibles
associations avec des maladies.
En février 2003, le Comité russe pour la
protection contre les radiations non-ionisantes déconseillait
d'ailleurs l'usage du cellulaire aux personnes plus sensibles aux
hyperfréquences : enfants de moins de 16 ans, femmes enceintes
et gens souffrant de problèmes neurologiques tels les troubles
du sommeil et l'épilepsie, dont des crises peuvent être
déclenchées par les micro-ondes. (Il est d'ailleurs
bien connu que les Russes furent les premiers, dans les années
'70, à utiliser les hyperfréquences comme armes « non-létales »,
pour bombarder l'ambassade américaine à Moscou !)
Voici d'autres conseils offerts notamment par Roger Santini :
Éviter les longues conversations ;
Raccrocher aussitôt que votre oreille chauffe
ou que d'autres symptômes apparaissent ;
Éloigner le combiné et l'antenne
à trois ou quatre pouces de l'oreille afin de minimiser la
quantité d'ondes pénétrant dans votre cerveau
(la puissance de l'exposition diminue au carré de la distance
de la source) ;
Éviter de porter l'appareil à la
ceinture. Cela augmente la puissance de l'appareil pour acheminer
le signal jusqu'à la tête et les hyperfréquences
sont dirigées vers des organes vitaux plus conducteurs et plus
sensibles car non protégés par des os (foie, reins,
etc.). Si certaines études ont démontré que les
casques d'écoute permettent de réduire l'exposition
à la tête de 70 %, d'autres faites pour le magazine
indépedant Which ont démontré que les écouteurs
peuvent en fait tripler l'exposition en agissant comme antennes ;
Empêcher l'utilisation répétée
du cellulaire par les enfants, car leur corps absorbe 3,3 fois plus
d'ondes que celui d'un adulte ;
Éviter le cellulaire lors de traitements
ophtalmologiques ;
Garder une distance d'une vingtaine de centimètres
entre le cellulaire et un stimulateur cardiaque pour éviter
sa reprogrammation ;
Minimiser ou, idéalement, éviter
l'utilisation dans les immeubles (surtout dans les sous-sols) et les
véhicules, car l'appareil doit alors augmenter de jusqu'à
dix fois la puissance de son signal pour joindre la station relais ;
Éviter de vivre dans la trajectoire du signal
d'une antenne ou station relais située à moins de 300
mètres. L'on peut connaître l'orientation et la puissance
d'une telle antenne en communiquant avec Industrie Canada au 1 888 237-3037
ou en consultant le site Internet : http://spectrum.ic.gc.ca/tafl/tafindxf.html
André Fauteux, éditeur
Magazine La Maison du 21e siècle
www.21esiecle.qc.ca
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