Pas moins de 38 % des maisons canadiennes ont des
problèmes d’humidité excessive, selon Jim White, conseiller
senior à la recherche à la Société canadienne
d’hypothèques et de logement. Ceux-ci sont principalement dus
à des dégâts d’eau, mais aussi à de mauvaises
pratiques d’isolation et de ventilation. C’est pourquoi Québec
songe à imposer la ventilation centrale (prescrite dans le
Code national du bâtiment de 1995) ainsi que l’isolation par
l’extérieur des fondations.
Depuis quelques années, on a constaté que
plusieurs soussols québécois sont contaminés
par des moisissures toxiques. C’est arrivé notamment au pédiatre
de Québec, Roland Albert. Les moisissures ont détruit
le rein du fameux docteur Albert, qui doit aujourd’hui subir une dyalise
aux trois jours pour filtrer son sang.
Symptômes récurrents
Si vous sentez une odeur de moisi ou de terre et que vous
éprouvez régulièrement des symptômes (pulmonaires,
neurologiques, immunitaires, etc.) qui disparaissent quand vous quittez
votre demeure et qui réapparaissent dès votre retour,
il y a de fortes chances que votre maison soit contaminée.
La ventilation mécanique, qui assèche l’air
intérieur, diminue les dépenses de médicaments
contre l’asthme de 60 % (Ottawa Citizen, 10 juillet 1992). Car,
à condition de ne pas en abuser, elle peut maintenir le taux
d’humidité relative dans la plage la plus saine, soit entre
30 et 45 %.
« Nous devrions tous isoler les fondations
par l’extérieur pour éviter le gel, nous explique un
fonctionnaire. Mais Québec est-elle prête à réglementer
cette pratique ? Les constructeurs y sont farouchement opposés
car cette mesure retarderait d’une journée les travaux de finition
extérieure. »
Le champignon Stachybotrys chartrum
(ou S.atra), vu ici au microscope, a des
effets apparentés à ceux de la radiation.
Il aurait causé le cancer de la moelle
osseuse et la défaillance rénale du
docteur Albert.
FILTRE ÉLECTRONIQUE ET HUMIDIFICATEUR POLLUANTS
Avec ses 40 camions sur la route, les Industries Garanties Limitée
est une institution montréalaise dans le domaine du chauffage
et de la ventilation haut de gamme. Les installations saines et silencieuses
sont sa marque de commerce.
L’entreprise de la rue Paré est également
très écologique, entre autres du côté du
recyclage. Si bien qu’elle a remporté l’Enviroprix 1992 de
la Chambre de commerce et le Prix du mérite environnemental
de l’Association canadienne de la construction, en 1993.
Depuis 5 ans (en 1997), l’entreprise a fondé sa
division Airqualité, dirigée par son vice-président
Morris Feinberg, expert de la climatisation depuis 37 ans. (Il y a
quelques années, celui-ci fut le seul canadien invité
par la maison-mère des Industries Lennox, qui consultait les
experts sur l’amélioration de ses produits.)
« Je connais tous les immeubles malades à
Montréal », nous a déclaré en entrevue
M. Feinberg, du reste un homme fort modeste. En plus de concevoir
des contrôles (senseurs de monoxyde de carbone, etc.) et de
nettoyer les conduits de ventilation, la compagnie vend une gamme
complète de filtres et de purificateurs.
Quels sont les meilleurs produits ?
N’offrant que des produits et services haut de gamme,
l’entreprise a compris depuis fort longtemps lesquels performent le
mieux. C’est par exemple le cas des purificateurs à l’ultraviolet
Sanuvox et les filtres HEPA de Solutions Eco-Air. « Deux
de nos clientes nous ont appelées pour nous dire que leur enfant
asthmatique n’était plus hospitalisé depuis qu’ils respirent
de l’air traité par nos filtres HEPA », affirme
M. Jeff Shapiro des Industries Garanties.
Celui-ci ajoute que sa compagnie ne vend désormais
plus de filtres électroniques, qui produisent rapidement de
l’ozone, un gaz irritant les voies respiratoires. « Ils
ne fonctionnent pas bien, dit-il. La preuve, c’est que j’en ai installé
un chez moi, devant un filtre électrostatique, et que ce dernier
s’encrasse beaucoup. Les filtres électrostatiques sont dotés
de minces fils métalliques agissant comme un aimant lorsqu’ils
sont frottés par le flux d’air. Ils se lavent facilement, avec
la pression d’un boyau d’arrosage ou du robinet, après 4 à
6 semaines d’usage. Ces filtres coûtent environ 300 $,
soit 50 % de moins que les filtres électroniques, qui
coûtent de 4 à 500 $ de réparations à
tous les 5 à 7 ans. »
Enfin, M. Feinberg souligne qu’il n’a pas confiance aux
humidificateurs conventionnels, qui favorisent la prolifération
de moisissures dans l’eau stagnante. Il ne recommande que des humidificateurs
à vapeur, qui ne sont toutefois pas donnés : ils
coûtent en effet de 1 500 à 3 000 $.
André Fauteux, éditeur
Magazine La Maison du 21e siècle, janv. / fév. 1997 www.21esiecle.qc.ca