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LA CHRONIQUE ÉNERGÉTIQUE
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Les isolants naturels, simples et sains (suite)

Manuel Desrochers, géobiologue-antenniste
Magazine La Maison du 21e siècle

Isolant de jeans et autre coton
recyclé Bonded Logic.
  Le coton
  L’isolant de coton recyclé est particulièrement intéressant en ce qui concerne l’environnement, car il est constitué de plus de 85 % de fibres de coton recyclées. Ce sont donc nos vieux jeans et autres vêtements de coton qui prennent le chemin d’une nouvelle vie. Cette nouvelle façon de nous tenir chaud est beaucoup plus avantageuse et moins polluante que l’enfouissement et l’incinération dont ils sont normalement l’objet.

  Le produit se présente sous forme de matelas, disponible en plusieurs épaisseurs et facteurs d’isolation différents. Les fabricants américains Bonded Logic et InnoTherm affirment que leurs produits possèdent un facteur d’isolation thermique et phonique égal ou supé-rieur à celui de la laine minérale traditionnelle. L’isolant de coton aurait, par ailleurs, un coût de revient inférieur une fois installé.

  Soulignons que le coton cultivé de façon non biologique consomme le quart des insecticides utilisés sur la planète, alors qu’il n’utilise que 3 % des terres cultivées! Les produits d’isolation à base de coton à la fois non recyclé et non biologique sont donc à proscrire.

  Bonded Logic détaille son matelas R-13 à 0,50 $ US/pi2, et le R-19 à 0,70 $ US/pi2. Malheureusement, ce produit n’est pas encore offert sur le marché canadien, mais l’entreprise de l’Arizona fait des envois directs sur commande.

Le chanvre
Les fibres de chanvre sont
incorporées à un mortier
de chaux hydraulique.
  Le chanvre est une plante merveilleuse, malheureusement méconnue et crainte à tort par les élus. En effet, son lien trop étroit avec le Cannabis Indica, fortement répandu sur le marché mondial de la drogue, lui jette de l’ombre et ralentit sa progression vers une reconnaissance complète de ses qualités admirables et de ses multiples utilisations. Cette plante pousse vite, sans engrais, produit beaucoup et n’abîme pas les sols. C’est un matériau écologique, bon marché, non polluant et simple à utiliser.

  Pour la construction, on utilise l’écorce de sa tige, appelée chènevotte. Ces fibres, une fois broyées, doivent être malaxées avec un mortier composé de chaux hydraulique. La substance pâteuse obtenue peut alors être étendue sur un mur déjà existant ou montée directement comme mur principal à l’aide d’un coffrage léger. Il existe plusieurs méthodes d’utilisation du chanvre comme isolant. Formé en Europe, Gabriel Gauthier d’ArtCan, une entreprise québécoise spécialisée dans la construction en chanvre, nous propose le système Cannaliance. Cette technique de construction intégrée produit une enveloppe de dix pouces d’épaisseur dont la résistance thermique officielle de R-30 cache sa réelle performance, qui s’approcherait plutôt du R-60, estime M. Gauthier : « C’est un mur monobloc très étanche à l’air, explique-t-il. J’ai visité une telle maison de 7 000 pieds carrés dans les Alpes françaises et elle coûtait deux fois moins cher de chauffage qu’une maison de béton bâtie dans une région plus chaude! De plus, la durée de vie d’une maison de chanvre dépasse le siècle! » Le système Cannaliance coûte environ 4 $/pi2 pour des murs de 10 po et 2,50 $/pi2 en toiture.

  Parmi les inconvénients de cette technique novatrice, notons un besoin important en main-d’oeuvre et le temps de séchage qui dure un à deux mois. Soulignons enfin que cet isolant est également disponible sous forme de matelas importé de laine de chanvre, similaire aux produits de laine de mouton et de coton.

Le soya
Mousse de polyuréthane à base de soja,
de Biobased Systems.
  S’il y a un isolant émergeant à surveiller, c’est certes la mousse de polyuréthane à base d’huile de soya. Conçue selon le même procédé que son équivalent à base de produits pétroliers, la mousse isolante Biobase 501 a été votée « produit vert d’avenir » de l’année 2003 dans le cadre du concours National Green Building Award organisé par l’Association américaine des constructeurs d’habitations. Elle ne contient pas et ne libère donc pas de formaldéhyde cancérogène, ni d’hydrofluorocarbures (HCFC) rongeant la couche d’ozone. Pulvérisé sous forme liquide, ce produit gonfle instantanément pour atteindre 100 fois son volume d’application. Il saura donc combler les partisans de la maison hyper étanche à ventilation mécanique centrale. Sa résistance thermique, de R-3,7 par pouce d’épaisseur, se compare à celle de la cellulose. Son fabricant américain, Biobased Systems, indique que son produit est généralement plus abordable que son concurrent pétrochimique.

  Cependant, quelques interrogations demeurent, comme la biodégradabilité du produit et les techniques de cultures polluantes du soya. À quand le Biobase 501 certifié bio? Au moment d’écrire ces lignes, aucun distributeur canadien n’offrait encore ce produit.

Le lin
  Quelques mots pour parler du lin, cette plante qui pousse facilement, un peu comme le chanvre, et dont les fibres et l’huile sont utilisées par l’être humain depuis très longtemps. En Europe, les produits isolants à base de fibres de lin sont assez couramment utilisés, et ils commencent tranquillement à nous parvenir. Les rouleaux, panneaux et autres produits isolants de lin offrent de bonnes propriétés d’isolation et de manipulation, ainsi qu’une faible énergie grise, d’environ 30 kWh/m2. Si cultivé biologiquement, il s’agit d’un produit à très haute valeur écologique, et évidemment biodégradable. Malheureu-sement, bien que le lin pousse en abondance au Canada, il faudra probablement attendre encore quelques années avant que ce matériau isolant traverse l’Atlantique pour nous rejoindre…

Le liège
  Malgré ses qualités admirables, le liège, comme toutes les matières premières importées, ne devrait pas être considéré comme une alternative de premier choix pour remplacer le polystyrène ou les fibres minérales. Le liège est l’écorce du chêne-liège, un arbre cultivé dans le bassin méditerranéen. Sa rareté le rend presque inabordable pour des ouvrages d’envergure. Le liège se présente notamment sous forme de panneaux agglomérés, de tuiles pour le plancher ou en vrac, des produits courants sur le marché québécois.

Dérivés du bois
  Devant le gigantisme de l’industrie forestière canadienne et consi-dérant les quantités astronomiques de résidus de bois non valorisés qu’elle produit, il serait bon de s’interroger sur la pertinence de favoriser le développement de matériaux isolants dérivés du bois pour le marché canadien. Les panneaux de laine ou de fibre de bois sont déjà bien connus en Europe pour leur qualité isolante. Seule ombre au tableau : un taux d’énergie grise relativement élevé, d’environ 1 300 kWh/m3.

  Si on fait exception des panneaux de fibres de bois
commercia-lisés par le groupe Cascades, qui sont de meilleurs isolants acoustiques que thermiques, et de la très populaire cellulose issue du pa-pier journal recyclé, les isolants dérivés du bois sont encore rare ici.

  Une technique simple, efficace et économique consiste à imprégner des copeaux de bois avec un mélange de petit-lait et de soude, inoffensif pour l’environnement. On se sert du mélange pour emplir les murs et les combles, et l’opération se termine par un vibro-compactage spécial qui uniformise et rend la matière étanche. Sa fabrication nécessite une faible quantité d’énergie, mais sa pose n’est pas sans problème. Pour l’instant, cette technique convient plus à l’autoconstructeur chevronné qu’au néophyte motivé…

Entre vous et l’Univers…
  Par définition, un produit isolant réduit la transmission de la chaleur, du froid, du son ou de toute autre forme d’énergie, entre deux espaces définis. Du point de vue de la géobiologie, médecine de l’habitat, il s’agit de trouver la matière isolante qui saura nous protéger des intempéries et du son tout en laissant passer les énergies bénéfiques du cosmos et de la terre, appelées cosmiques et telluriques, dont l’être humain a besoin pour évoluer sereinement. Il est également important que la maison puisse « respirer », soit diffuser la vapeur d’eau qui pourrait migrer dans les murs, et permettre le passage des ondes cosmiques bénéfiques bloquées par les métaux (effet de cage de Faraday) et filtrées par les produits pétroliers. Les matériaux les plus naturels et ayant subi un minimum de transformation sont les plus aptes à combler cette double fonction. Ainsi, du point de vue de l’énergie et de l’environnement, les matières à privilégier seront dans l’ordre : la laine de mouton, le ballot de paille, le chanvre et le lin, le bois recyclé et le coton recyclé. Les autres matériaux naturels possèdent certains attraits importants, mais les inconvé-nients qui les accompagnent les relèguent rapidement au deuxième rang.

  À la lumière de cet article et par respect pour la Terre qui supporte nos déversements d’immondices depuis trop longtemps, optez pour un isolant naturel qui saura vous garder bien au chaud et en santé!

ArtCan / Gabriel Gauthier (chanvre) : (450) 830-2842
www.cabanabis.com

Biobased Systems (mousse de soya) : (516) 551-7594
www.biobased.net

Bonded Logic (coton recyclé) : (480) 812-9114
www.bondedlogic.com

Habitations APEX (laine de mouton) : (819) 535-3200
www.apex-qc.ca/laine

Innotherm (coton recyclé) : (828) 466-1147
www.innotherm.com

Pour en savoir davantage :
Projet français d’isolation en laine de mouton brute :
www.eco-bio.info

Dossier Éloge de la laine :
www.eco-logis.com/news12.htm

Dossier chanvre : www.eco-logis.com/news2.htm

Manuel Desrochers, géobiologue-antenniste
geobiologie@ecohabitation.com
http://geobiologie.ecohabitation.com


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Magazine La Maison du 21e siècle
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