Les présentes lignes traitent de l'utilisation
des paratonnerres en milieux urbain et rural ainsi que des risques
de dommages engendrés par la foudre. Vous y trouverez de bon
conseils et un petit clin d'oeil porté à un paratonnerre
exemplaire. Mais tout d'abord essayons de comprendre un peu mieux
les orages pour s'expliquer comment on peut parer le tonnerre.
La foudre est ce redoutable phénomène naturel
où s'opère le transfert de gigantesques charges d'électricité
statique, entre un nuage et la terre, ou entre deux nuages voisins.
Les cumulonimbus responsables des orages, accumulent par endroit d'immenses
charges électriques. Lorsque ces charges deviennent assez importantes,
le champ électrique augmente à l'intérieur des
nuages ou entre le sol et le nuage. Sans vouloir s'enterrer dans les
détails scientifiques, soulignons seulement qu'un traceur ionisé
se forme ensuite, pour le cas qui nous intéresse, partant du
nuage et se dirigeant vers la terre. L'évolution vers la planète
de ce traceur électriquement chargé entraîne la
réaction inverse de plusieurs traceurs montant du sol, pour
tenter de rejoindre en premier le traceur descendant et ainsi déterminer
le chemin conducteur qu'empruntera la foudre.
Lorsque les traceurs ascendants et descendants se rencontrent,
d'importants transferts d'électricité s'effectuent entre
le nuage et la terre. Ces décharges sont accompagnées
d'une spectaculaire lumière blanche remontant le long du traceur
et ses ramifications à une allure qui lui est propre, la vitesse
de l'éclair. Cet éclair provoque l'onde sonore du tonnerre,
que l'on perçoit comme un sourd roulement de tambour continu.
Le tonnerre, pour sa part, voyage seulement à
la vitesse du son. C'est pourquoi il nous parvient avec plus ou moins
de retard sur l'éclair, dépendamment de l'éloignement
de l'orage. Selon Ève Christian de meteo.org, pour calculer
la distance qui vous sépare d'un orage, il vous suffit de compter
le nombre de secondes qui s'écoulent entre l'éclair
et le tonnerre. Divisez ensuite simplement ce nombre par trois, pour
obtenir cette distance approximative en kilomètres. Multipliez
ce nombre de secondes par trois et vous obtiendrez l'éloignement
de l'origine de l'éclair en mètres.
Pour en revenir aux traceurs, l'éclair déversera
son énergie, en traversant le chemin le plus rapide et le moins
résistant à l'électricité, partant du
haut vers le sol. Il est logique que le traceur montant de la cime
élevée d'un arbre rejoigne le traceur descendant, avant
celui émanant du sol. L'arbre ainsi foudroyé, sert de
protection aux structures voisines moins élevées.
Le paratonnerre à tige, inventé par Benjamin
Franklin au milieu du 18e siècle, exploite la propriété
qu'ont les pointes d'émettre des électrons en prolongement
de la partie pointue. Reliés au sol par un câble protégé
de métal conducteur, ce dispositif offre un canal privilégié
à la foudre pour se rendre à la terre. Le traceur ionisé
ascendant provenant de la pointe d'un paratonnerre évolue plus
rapidement que celui provenant d'un arbre par exemple.
Aujourd'hui, il existe plusieurs types de paratonnerres.
Certains ont la pointe trempé d'oxyde de baryum, de strontium
ou d'autres éléments lourds et agissent sur les charges
atmosphériques. Les paratonnerres à dispositif d'amorçage
ont la particularité d'accélérer le processus
d'ionisation montant de la pointe par temps orageux. Les modèles
de type Melsens se composent de plusieurs conducteurs et pointes,
organisés de façon à encadrer l'édifice
et agissent comme une cage protectrice.
En milieu urbain, les édifices les plus hauts
doivent être équipés de paratonnerre et servent
de protection aux immeubles qui les entourent. De la même façon,
les poteaux électriques et les arbres offrent une protection
aux maisons avoisinantes. Les équipements électriques
sont munis de parafoudres, destinés à éviter
des dommages matériels majeurs.
Comment
ne pas avoir le coup de foudre pour le paratonnerre le plus célèbre
et le plus frappé au monde par la foudre ? Effectivement, la
Tour CN
à Toronto, agie comme un immense paratonnerre qui protège
certains gratte-ciel les plus haut de la ville. En seulement 16 ans,
de 1978 à 1994, la tour a été frappé 460
fois du passage de la foudre.
En campagne ou en banlieue, il est prudent d'équiper
de paratonnerre, les maisons isolées, construites dans une
plaine ou au milieu d'un endroit sans arbre. Il est aussi à
noter que les abords des caps rocheux sont des endroits propice à
attirer la foudre. Une logique du tonnerre s'impose lorsque vous avez
l'intention d'installer sur votre toit, une longue antenne de télévision
par exemple ou un mât à drapeau en métal. Assurez-vous
que vous n'offrez pas à la foudre, un chemin pour se rendre
à la terre, qui passe directement par votre téléviseur
et vos électroménagers.
Malgré que les chances d'être victime de
la foudre soient peu élevées, de plus en plus de gens
équipent leur maison de paratonnerre. Malheureusement il s'agit
souvent d'un geste en réaction à des pertes qui n'est
pas sans rappeler celui du cambriolé qui se procure un système
d'alarme. Lorsqu'elle frappe nos maisons, la foudre a toutes les chances
de voyager par le mât électrique ou l'évent de
plomberie pour se rendre à la terre par l'entrée d'eau.
Seulement l'énorme surcharge d'énergie qu'elle engendre
cause d'importants dommages aux appareils électriques, particulièrement
aux ordinateurs. De plus, l'installation de paratonnerre est maintenant
exigée de plusieurs compagnies d'assurance, à leurs
clients commerciaux.
Ève Christian, météorologue, nous
propose sur son site Internet (meteo.org),
beaucoup d'informations scientifiques et des statistiques sur la foudre
et ses dangers. Elle nous livre aussi de précieux conseils
pour se protéger individuellement. J'ai été heureux
d'y voir démentir, la rumeur qui laisse croire qu'un courant
d'air invite la foudre à entrer par les fenêtres. Avec
ses conseils et un bon paratonnerre, même les plus irréductibles
gaulois parmi vous, n'aurons plus la moindre peur que le ciel ne leur
tombe sur la tête.