La sollicitation téléphonique et la vente
itinérante sont des techniques de marketing de plus en plus
adoptées par plusieurs entreprises. Même si maintes personnes
considèrent ce phénomène comme de la pollution
téléphonique au même titre que les « pourriels »
polluent nos ordinateurs, ces appels non sollicités peuvent
convenir à plusieurs et peuvent même s'avérer
très pratique pour se réserver les services d'un fournisseur
local spécialisé. Par exemple, si un ramoneur oeuvrant
dans mon secteur me sollicite pour un rendez-vous afin d'effectuer
le nettoyage annuel de mon conduit de cheminée, je serai ravis
de profiter de cette opportunité de m'épargner la recherche
de ce genre d'entrepreneur. Évidemment, la crédibilité
de l'entreprise demeure essentielle à vérifier, même
si, dans ces circonstances, on aurait facilement tendance à
brûler cette étape. Malheureusement, ces pratiques commerciales
ne sont pas toujours l'adage des établissements les plus honnêtes.
Les quelques conseils suivants visent à permettre à
tous et chacun de déjouer les supercheries les plus courantes.
Mise en situation
Par
un beau soir de printemps, une voix féminine en bas âge
m'interpelle au téléphone pour m'offrir une évaluation
totalement gratuite de la potabilité de l'eau sortant
de mon robinet, incluant des tests tout autant gratuits, à
l'aide de produits chimiques.
Avec mon légendaire enthousiasme face à
la gratuité, je m'empresse de lui demander, septique :
quels produits ou services veut-elle m'offrir ?
Ma jeune interlocutrice m'annonce alors qu'il s'agit
de démonstrations offertes gratuitement et sans obligation
de ma part dans le but de faire connaître la compagnie
dont elle préféra taire le nom.
J'interroge alors la jouvencelle sur les produits
ou services dont la compagnie tient à faire la promotion
et réitère ma demande avec insistance. J'obtiens
comme seule réponse que la mystérieuse compagnie
effectue des tests d'eau potable et que je ne suis obligé
à rien.
La curiosité soudainement piquée au
vif, je décide donc de céder et je prends rendez-vous
avec ce savant testeur d'eau douce qui m'intrigue tout bonnement.
C'est ainsi que plus tard, l'individu entre chez moi et établi
un contact des plus courtois avec moi et ma famille, sans négliger
les enfants et même le chat. Il me déballe ensuite
son attirail de petites fioles singulièrement valisées,
contenant quelques substances chimiques réactives destinées
à nous prouver hors de tout doute, que notre eau potable
est impure. Avec ici encore beaucoup d'insistance, je réussis
à obtenir une trêve pour apprendre en définitive
que la compagnie en question vend et installe des systèmes
révolutionnaires de filtration d'eau dont, à la
lumière de mes connaissances actuelles, j'ai absolument
besoin. Le dit système m'appartiendrait pour la modique
somme de 60.00$ par mois seulement. Grâce à ma
détermination sans faille, j'ai pu encore apprendre que
l'appareil se détaille aux alentours de 5000.00$ CDN.
Armé de toute ma volonté restante,
j'ai toutefois réussi à congédier mon vendeur
d'eau douce sans succomber à la culpabilité pour
n'avoir point fait le bonheur de ce sympathique personnage qui
a réussi en quelques instants, à charmer tous
les membres de ma famille, même le chat, par son habileté
sociale sans pareille.
Le commerce itinérant relève de la loi sur
la protection du consommateur. Le cas ci-haut rédigé
contient, selon l'Office de la protection du consommateur, plusieurs
infractions à cette loi, notamment en prétextant un
motif pour franchir le seuil de ma porte, m'apprend un porte-parole
de l'organisme. La représentation fausse ou trompeuse et l'omission
d'un fait important sont autant de pratiques de commerce interdites.
Les exemples comportant ce genre d'artifice sont nombreux.
Peut-être vous êtes vous laissé tenter vous aussi,
par une sollicitation vous offrant une démonstration gratuite
d'un système novateur d'épuration d'air, pour vous apercevoir
que vous avez invité chez vous un astucieux vendeur d'aspirateurs ?
Le commerçant itinérant doit obligatoirement détenir
un permis de l'Office de la protection du consommateur. En cas de
conflit, cet organisme peut aider le consommateur que nous sommes
et le conseiller dans ses démarches. Si le montant du litige
est inférieur à 7000.00$ CDN, le plaideur peut avoir
recours à la division des petites créances de la cour
du Québec. Ce type de contrat signé au domicile du client
est annulable dans un délai de dix jours, même si les
travaux d'installation ont débutés et doit inclure un
formulaire de résolution à cette fin. Aucun montant
n'est exigible à l'intérieur de ce délai de dix
jours. Aussi, ne cédons pas au chantage de certains représentants
qui utilisent cette clause pour presser les acheteurs à signer
un contrat sans délai.
Le site Internet de l'Office
de la protection du consommateur contient une quantité
appréciable d'informations essentielles et de bons conseils
sur le commerce itinérant. Or, le « profil du commerçant »
donne accès rapidement à de précieux renseignements
sur l'identité du commerçant et sur le nombre et le
nature des plaintes ainsi que des actions pénales dont il fait l'objet.
La construction d'habitation relève pour sa part
de la Régie
du Bâtiment du Québec dont la présence sur
Internet permet de se renseigner sur l'entrepreneur titulaire d'une
licence. De plus, le plan obligatoire de garantie des bâtiments
résidentiels neufs inclus une procédure de règlement
de litige. Quelques organismes et associations professionnels offrent
en outre des plans de garantie, comme c'est le cas de l'APCHQ.
Il est également possible de faire appel au recours prévus
au code civil concernant les vices cachés. Pour les transactions
immobilières impliquant un courtier, on peut recourir à
la loi sur le courtage immobilier. Quant aux transactions litigieuses
s'effectuant de personne à personne, on doit dans ce cas s'en
reporter au code civil du Québec.
Petits conseils qui coulent de source Le
télévendeur est soumis à des restrictions. Il
a entre autre la responsabilité de mentionner son identité
et celle de l'entreprise impliquée, sans dissimuler sa qualité
de commerçant. Assurons-nous que ces renseignements sont clairs
comme de l'eau de roche et notons-les pour ensuite nous informer sur
le commerçant. Il demeure toujours moins risqué de connaître
les personnes avec qui on transige, particulièrement si on doit payer
par carte de crédit.
Le bon sollicitant devrait, en plus de se nommer clairement,
définir précisément les produits et services
qu'offre celui-ci. Les vendeurs d'eau douce de ce monde ont tout autant
l'obligation de nous informer sur le prix total d'une transaction
et non seulement le montant des paiements mensuels.
Exigeons un contrat écrit incluant l'information
complète concernant le commerçant et incluant un formulaire
de résolution. Lisons attentivement ce contrat dans les détails
et faisons raturer les clauses défavorables à outrance.
Toutefois, si vous n'êtes nullement intéressé
à vous laisser solliciter par un appelant, demandez à
être ajouté aux listes de numéros à ne
pas appeler que les compagnies se doivent d'utiliser. À compter
d'octobre 2004, le solliciteur sera tenu de vous fournir sur demande
un numéro d'inscription sur cette liste comme témoin
de l'authenticité de votre requête. Si, après
une période de trente jours, la compagnie réitère
ses sollicitations, requérez l'assistance de votre compagnie
de téléphone. L'Association
Canadienne du Marketing offre aux consommateurs la possibilité
de s'inscrire à une pareille liste noire vous excluant des
appels de télémarketing provenant des entreprises membres
de l'organisme.
À présent, qu'un représentant vous
offre de l'eau, de l'air pur ou du vent, si ses produits et services
sont acceptables, il n'aura pas d'inconvénient à mettre
de l'eau dans son vin et à attendre le délai nécessaire
à vos réflexions. Règle générale,
il importe de ne rien précipiter et de ne rien signer à
l'aveuglette. Et si jamais un vendeur vous fait monter la pression
en vous mettant l'eau à la bouche, méfiez-vous des offres
trop alléchantes.