L'agence américaine de protection de l'environnement
semble avoir grandement sous-estimé le risque de cancer que
courent les enfants qui touchent souvent à du bois traité
à l'arséniate de cuivre chromaté (ACC).
Les résultats préliminaires d'une nouvelle
étude de l'Environmental Protection Agency (EPA) suggèrent
que 90 % des enfants qui viennent en contact répété
avec des équipements de jeu et autres galleries en bois traité
à l'ACC ont un risque de plus de un sur un million d'en faire
un cancer, indique le Washington Post de vendredi (le 14 novembre).
Le dépassement de ce seuil établi par l'EPA indique
que le risque de toxicité est inquiétant, contredisant
la position de l'Agence selon laquelle ce bois ne poserait pas de
risque sérieux pour la santé publique. L'arsenic et
le chrome sont reconnus causer divers cancers (poumon, vessie, peau, etc.).
En février 2002, l'EPA et l'industrie ont annoncé
que les produits résidentiels ne seraient plus traités
à l'ACC à partir de 2004, une décision rapidement
imitée par le Canada. Tout en recommandant diverses mesures
de protection (éviter l'usage à l'intérieur,
ne jamais brûler ce bois, se laver les mains après tout
contact et ne jamais placer de nourriture sur une surface traitée
à l'ACC) de remplacer les structures de bois traité.
Les experts ont seulement recommandé de sceller le bois annuellement
ou bisannuellement à l'aide d'une teinture pénétrante.
Au moment de faire cette annonce, " nous n'avions aucune
raison de croire qu'il y avait un risque accru associé… À
ce moment là, nous n'avions pas d'évaluation du risque
", expliquait au Washington Post le directeur du bureau des programmes
sur les pesticides de l'EPA, Jim Jones, qui a commandé la dernière
étude. Celui-ci a tenu à souligner qu'il est " prématuré
de parler avec un degré de certitude. Cette évaluation
préliminaire, je dirais, démontre des risques accrus
marginaux pour les enfants souvent exposés, mais il y a beaucoup
de variables en jeu. " Par exemple, les risques sont plus élevés
dans les climats plus chauds, où le contact cutané avec
ce bois est plus fréquent. Dans ce cas, dix pour cent des enfants
courent un risque de cancer 100 fois plus élevé que
la population générale.
L'année dernière, des chercheurs de l'Université
de la Floride et de l'Université de la Caroline du nord ont
découvert, contre toute attente, que le bois traité
depuis dix ans et plus expose les enfants à des niveaux aussi
élevés d'agents cancérigènes que le bois
récemment traité.
Après Home Depot puis Réno Dépôt,
le groupe Rona (qui a acquis ce dernier depuis), a décidé
de ne plus acheter de bois traité à l'ACC cet automne.
" Nous n'avons plus d'inventaires importants et les ventes en 2004
(NDLR : telles que permises par l'entente intervenue entre l'industrie
et l'EPA) seront des cas d'exception pour fin d'écoulement,"
explique le directeur des communications de Rona, Sylvain Morrissette.
Les nouveaux produits traités au cuivre sont les principaux
produits de remplacement, mais ce dernier ajoute que " le cèdre
et le bois chauffé prennent de plus en plus d'importance et
sont disonibles à tous nos marchands."
L'EPA poursuit son évaluation de risque ainsi qu'une
étude sur l'efficacité des divers scellants du bois.