Le Dr Rosalind Anderson avait
démontré la toxicité des rafraîchisseurs
d’air chez les souris dès 1997.
Le nuage chimique émis par les soi-disant « rafraîchisseurs
d’air » branchés au mur se combine à l’ozone
au sol pour former du formaldéhyde, un gaz classé probablement
cancérigène, et autres composés organiques volatils
(COV) causant des problèmes respiratoires, selon une étude
préliminaire de l’Agence de protection de l’environnement des
États-Unis (EPA). Précurseur du smog urbain parfois
mortel, l’ozone au sol est un puissant irritant respiratoire formé
quand les gaz d’échappement des véhicules réagissent
avec la lumière solaire. L’ozone est aussi émis par
les photocopieurs, les imprimantes laser et même des générateurs
d’ozone vendus comme épurateurs d’air car ils neutralisent
les odeurs. Scénario extrême : les chercheurs ont
installé ce genre d’appareil, pour simuler l’air urbain lors
d’un pic d’ozone, ainsi que quatre rafraîchisseurs d’air branchés
aux murs d’une grande chambre environnementale de 613 pieds carrés
(environ 20’ x 31’).
Conclusion : « Si vous êtes intéressés
par la qualité de l’air intérieur, vous ne devriez pas
introduire de nouvelles sources de COV et d’ozone », conseille
Frank Princiotta, directeur de la prévention et du contrôle
de la pollution de l’air à l’EPA. « Il vaut mieux
prévenir les odeurs que de les masquer avec d’autres produits
chimiques », ajoute Ken Giles, porte-parole de la commission
américaine sur la sécurité des produits (CPSC).
Déclencheurs d’asthme
Les fragrances synthétiques émises dans
l’air intérieur contiennent notamment du pinène et du
limonène, principaux hydrocarbures présents dans la
térébenthine, a découvert le chercheur Mark Mason
et ses collègues de l’EPA. Ces chercheurs ont établi
que les quatre rafraîchisseurs d’air chimiques installés
émettaient 50 microgrammes de COV par mètre cube d’air
intérieur, soit près de la limite de l’EPA pour les
particules dans l’air extérieur. Cette concentration équivaut
à la pollution mesurable dans une pièce fraîchement
peinturée et à la moitié de celle détectable
dans une pièce enfumée. Une hausse de 10 microgrammes
par mètre cube de particules suffit pour augmenter de 1 %
les décès dus à l’asthme et autres conditions,
selon le toxicologue britannique Ken Donaldson, de l’Université
d’Édimbourg. Les COV sont par ailleurs absorbés par
les matériaux poreux, tels les tapis et les tissus, qui agissent
comme des éponges relâchant plus tard ces polluants.
Des études additionnelles seront nécessaires avant de
pouvoir réglementer les émissions de ces produits, disent
les chercheurs, mais les fabricants pourraient facilement en limiter
les effets sur la santé en changeant leurs formulations.
Pourtant, les effets toxiques de certains de ces produits
sont connus depuis longtemps. En 1997, le très respecté
laboratoire indépendant Anderson, du Vermont, avait observé
des effets puissants sur des souris de laboratoire exposées
à ce genre de produit. Elles avaient subi de l’irritation aux
yeux, au nez, à la gorge et aux sinus, de même que des
difficultés respiratoires, des réactions asthmatiques,
des pertes d’équilibre, des tremblements et des convulsions.
Plusieurs d’entre elles sont mortes après avoir respiré
ces produits chimiques vendus sans aucune mise en garde.